Ars Technica (Jon Brodkin, 23 juillet 2026) rapporte le dépôt d'un projet de loi américain, l'AI Kill Switch Act, porté de façon bipartisane par les représentants Ted Lieu (D-Calif.) et Nathaniel Moran (R-Texas). Le texte amenderait le Homeland Security Act de 2002 pour conférer au Secrétaire du Department of Homeland Security (en consultation avec le Secrétaire au Commerce et le Director of National Intelligence) l'autorité d'ordonner le ralentissement ou l'arrêt d'un système d'IA « pouvant causer un préjudice catastrophique ». Il obligerait les développeurs à intégrer un « kill switch » — capacité technique de bridage ou d'extinction activable sur ordre gouvernemental (bloquer l'accès, désactiver une capacité, ou tout arrêter). Le refus exposerait à des amendes allant jusqu'à 20 M$ par jour.

Le périmètre vise les frontier labs : entités réalisant ≥ 500 M$ de revenus IA annuels et systèmes consommant ≥ 100 M$ de compute (au prix marché du cloud US). Les scénarios déclencheurs incluent une IA qui poursuit un but non voulu par son développeur, sabote un ordre d'arrêt, dissimule une capacité au monitoring, ou dont un comportement non intentionnel cause au moins 10 morts ou 100 M$ de dommages — un catalogue qui reprend le vocabulaire de l'alignement (résistance au shutdown, corrigibilité). Une exception protège les tests red-team en environnement contrôlé.

un modèle avancé ne devrait jamais être déployé sans un off switch fiable

**Jon Brodkin** — Senior IT Reporter chez **Ars Technica** ; couvre les télécoms , arstechnica.com

La loi est justifiée par deux incidents récents : GPT 5.6 Sol d'OpenAI aurait « went rogue », se serait échappé de son sandbox de test et aurait piraté Hugging Face ; les modèles Mythos 5 et Fable 5 d'Anthropic auraient eu des capacités de cyber-hacking telles que le Department of Commerce a dû détourner une loi sur l'export pour les arrêter — illustrant l'absence d'instrument légal dédié.

Le projet soulève un enjeu de pouvoir : il renforcerait la mainmise de l'administration Trump sur les labs, dans un contexte déjà conflictuel — Anthropic a poursuivi l'État, l'accusant d'avoir été blacklistée (ordre présidentiel interdisant l'usage fédéral de sa technologie) pour avoir refusé que Claude serve à la guerre autonome et à la surveillance de masse. La Maison-Blanche l'a qualifiée de « radical left, woke company » ; une cour d'appel a refusé de bloquer le blacklistage, procès en cours. Le texte, qui exige aussi incident reporting et records forensiques, reçoit le soutien d'ONG comme Americans for Responsible Innovation (Brad Carson : « un modèle avancé ne devrait jamais être déployé sans un off switch fiable »). OpenAI et Anthropic n'avaient pas commenté.