Dans ce point de vue publié sur sfeir.com le 1er août 2026, SFEIR fait converger deux publications de juillet 2026 aux méthodes opposées pour poser un même constat : « l'IA générative ne se contente pas d'accélérer le travail existant, elle redistribue qui fait quoi. »

Le mécanisme (P&G). L'expérience de terrain préenregistrée « The Cybernetic Teammate » (Dell'Acqua, Mollick, Lakhani et al., Organization Science 2026) a mobilisé 791 professionnels de R&D et du commerce une journée entière sur de vrais défis d'innovation produit, en croisant deux variables : seul ou en binôme transverse, avec ou sans IA. Résultat de performance : un individu équipé d'IA atteint le niveau d'un binôme sans IA (+0,37 σ contre +0,24 σ), et équipe + IA triple environ la probabilité d'une solution dans le top 10 %. Résultat organisationnel : sans IA, chacun reste dans son couloir ; avec l'IA, la distinction disparaît — les deux populations produisent des solutions équilibrées sur tout le spectre technico-commercial, sans perte de qualité. Les auteurs décrivent l'IA comme un mécanisme de boundary-spanning. Une nuance ferme le tableau : les binômes humains sans IA restent meilleurs pour identifier leur meilleure idée (~50 % contre 37 %) — le jugement évaluatif humain reste dans la boucle.

l'IA générative ne se contente pas d'accélérer le travail existant, elle redistribue qui fait quoi.

**SFEIR** — ESN française « AI Only » , sfeir.com

L'ampleur (OpenAI). À partir de plus de 800 000 messages d'utilisateurs américains de ChatGPT, OpenAI Economic Research mesure le task crossover : une fois écartées les tâches génériques, 43,5 % des messages spécifiques à un métier sortent du métier de l'utilisateur — jusqu'à 77 % en expérience client, 75 % en design, 69 % en RH, contre 28 % en ingénierie. Les flux sont asymétriques : le design importe (35,2 %) sans exporter (1,7 %), l'ingénierie fait l'inverse. Ces données d'usage sont présentées comme un signal avancé, visible avant les fiches de poste et les statistiques d'emploi.

L'agenda (Mollick). Co-auteur de l'étude P&G, il relie les deux publications en trois temps : les frontières deviennent poreuses ; les entreprises devront repenser la division du travail, et « la situation devient chaotique dès maintenant » ; mais correctement orchestrée, la recomposition rapporte gros — satisfaction et performance.

La réponse SFEIR. Le cabinet a basculé en Skill Based Organisation sous l'impulsion de Rosalie Zandona (VP People & Culture) : si les tâches circulent, la fiche de poste figée ne peut plus être l'unité d'organisation. La compétence opérationnelle devient la brique de base — jusqu'à 13 par métier —, faisant passer d'une identité statutaire à une identité opératoire. Le task crossover devient alors « visible, outillé et valorisé » au lieu d'un « bricolage informel dans l'ombre de l'organigramme ». « Reste à décider par quoi remplacer la fiche de poste. SFEIR a répondu par la compétence. »