Publié le 4 juin 2026 par Olivier Rafal pour le cabinet WeNvision, cet article décrypte, au lendemain de son annonce (3 juin), le lancement de la Tokenomics Foundation par la Linux Foundation — en partenariat avec la FinOps Foundation — et y voit l'ouverture officielle de l'ère du « FinOps appliqué à l'IA ». Thèse : l'IA a transformé l'économie du logiciel, et le token est devenu « la nouvelle unité de mesure des dépenses technologiques ». Comme le cloud des années 2010, la consommation IA génère des coûts récurrents et variables qu'il faut gérer activement ; les fournisseurs basculent d'ailleurs du forfait vers la facturation au token.

L'urgence est chiffrée : « Selon Goldman Sachs, l'utilisation mondiale de tokens devrait être multipliée par 24 d'ici 2030 pour atteindre 120 millions de milliards de tokens par mois. » Cet ordre de grandeur fait passer l'efficience du token du détail technique au sujet de direction générale — ce que résume J.R. Storment (créateur de la FinOps Foundation) : « Les coûts et l'efficacité des tokens sont devenus une préoccupation au niveau des PDG, pas une note de bas de page technique. »

Selon Goldman Sachs, l'utilisation mondiale de tokens devrait être multipliée par 24 d'ici 2030 pour atteindre 120 millions de milliards de tokens par mois.

**Olivier Rafal** , wenvision.com

Rafal pointe un déficit de transparence : les tarifs IA (tokens d'entrée, systèmes de cache, tokens de sortie) ne sont pas comparables d'un modèle à l'autre. La Tokenomics Foundation entend y remédier en étendant la spécification open source FOCUS pour créer un langage commun d'achat et de comparaison.

Mais l'auteur dépasse la question du coût : « L'enjeu du FinOps n'est pas tant de réduire les coûts que d'optimiser l'efficience. » La bonne métrique rapporte le coût IA à l'impact métier (time to market, qualité, fonctionnalités, écoconception). Surtout, les standards techniques ne suffisent pas : il faut repenser le Target Operating Model — équipes, processus, culture de la donnée, alignement métier. Les Américains annoncent déjà « la fin des double pizza teams au profit des sandwich teams ». Sans ces fondations, prévient-il, « une SDLC dopée à l'IA se contentera […] d'amplifier les problèmes et de vous aider juste à aller plus vite… dans le mur ».

L'article cite les sponsors de la fondation (Accenture, Booking.com, Google Cloud, Microsoft, IBM, Salesforce) et se conclut sur l'offre WeNvision : « co-construire une feuille de route, repenser le modèle opérationnel à l'ère agentique et instaurer cette gouvernance financière devenue indispensable ». Une lecture francophone, orientée dirigeants, du même signal de marché que la page institutionnelle de la Tokenomics Foundation.