Steve Yegge et Gene Kim livrent une présentation provocatrice proclamant la mort imminente de l'IDE traditionnel. Yegge, auteur du célèbre mémo sur la transformation d'Amazon en services (mal publié sur Google+), lance des déclarations chocs : "Si vous utilisez encore un IDE après le 1er janvier, vous êtes un mauvais ingénieur."
La métaphore du plongeur illustre le problème architectural actuel : le context window est comme une bouteille d'oxygène. Envoyer un seul plongeur (agent) explorer votre codebase, même avec une grande bouteille (1M tokens), est fondamentalement erroné. Il faut plusieurs plongeurs spécialisés : un PM diver, un coding diver, un review diver, un test diver. Pourtant, tous construisent "la plus grosse fourmi du monde" au lieu d'essaims de fourmis.
Les exemples concrets sont saisissants. Une entreprise constate des écarts de productivité 10x entre ingénieurs utilisant ou non l'IA, créant des "alarmes RH" lors des reviews. La solution envisagée ? Licencier 50% des ingénieurs. La résistance vient principalement des seniors et staff engineers qui crient au "AI slop" - exactement comme les horlogers suisses face au quartz.
Gene Kim apporte la perspective historique, rappelant que les déploiements multiples par jour étaient jugés "irresponsables, voire immoraux" il y a 15 ans. Aujourd'hui standard, ils préfigurent la transformation du vibe coding. Sa définition, enrichie par Dario Amodei d'Anthropic : "une conversation itérative qui résulte en IA écrivant votre code". Chez Anthropic, "il n'y a pas d'autre jeu en ville."
Les implications sont profondes. Après NoOps (2011), voici NoDev : support, designers, UX shippent maintenant du code, court-circuitant les développeurs qui disaient "faites la queue". L'étude State of DevOps (36 000 répondants) montrait le passage d'un déploiement annuel à plusieurs par jour. Le vibe coding représente un saut équivalent.
Kim partage son expérience personnelle : dépenser des centaines de dollars par jour en tokens, observer les patterns émergents. Eric Meijer prédit : "Nous sommes probablement la dernière génération à écrire du code à la main." L'industrie bascule de la photographie en chambre noire vers le numérique instantané.
La présentation se termine sur le backlash réel : 60% des organisations résistent activement, illustré par des réponses hostiles aux conseils de Jordan Hubbard (NVIDIA) sur l'utilisation des agents. Cette résistance culturelle, plus que technique, constitue le véritable obstacle à la transformation.