Thariq Shihipar (équipe Claude Code chez Anthropic) publie un article-manifeste annonçant un changement de format de sortie par défaut pour les agents : remplacer Markdown par HTML. Le diagnostic : Markdown a régné comme format dominant entre humain et agent (simple, portable, éditable) mais est devenu restrictif à mesure que les agents produisent des artefacts plus longs et plus riches. Au-delà de ~100 lignes, plus personne ne lit un fichier Markdown — et comme l'auteur n'édite plus manuellement ses specs (il prompte Claude pour les éditer), l'avantage historique de Markdown disparaît.

Six raisons justifient le basculement vers HTML : (1) densité d'information — tableaux, CSS, SVG, scripts, canvas, images ; "almost no set of information that Claude can read that you cannot represent with HTML" ; (2) clarté visuelle — tabs, illustrations, responsive mobile ; (3) partage — upload S3 → lien direct, taux de lecture multiplié ; (4) interactivité bidirectionnelle — sliders, knobs, boutons "copy as prompt" pour reboucler ; (5) ingestion contextuelle native à Claude Code (codebase + MCP + git + Chrome) ; (6) plaisir"it's joyful".

L'auteur formalise cinq usages canoniques : (a) specs/plans/exploration en grille comparative ; (b) PR review avec diff annoté inline et code-coloring par sévérité ; (c) design & prototypes avec sliders d'animation ; (d) rapports/recherche (son explainer sur prompt caching généré depuis l'historique git) ; (e) éditeurs jetables custom — single-file HTML purpose-built pour une donnée (drag-and-drop de tickets Linear, éditeur de feature flags, prompt-tuner side-by-side) finissant toujours par un export "copy as JSON/markdown/prompt" re-injectable.

Anti-pattern explicite : l'auteur refuse la skill-ification de sa pratique. "I'm a little bit afraid that people will read this article and turn it into a /html skill. You don't need to do much — just ask it to 'make a HTML file'." La pratique est trop contextuelle pour être figée.

FAQ honnête : HTML coûte plus de tokens mais le 1MM context d'Opus 4.7 absorbe ; génération 2-4× plus lente ; diffs HTML bruyants = downside non résolu, assumé.

Méta-thèse finale : HTML comme antidote au cognitive surrender. "I had begun to fear that because I had stopped reading plans in depth I would simply have to leave Claude to make its choices. But I feel more in the loop than ever before when using HTML." La lisibilité retrouvée permet de rester décisionnaire face à des agents de plus en plus puissants.

L'article s'articule directement avec Meng To design.md (HTML = "finished dish") et avec Osmani comprehension debt dont il propose une réponse opérationnelle.