# goodhart-law-mesure-cible-wikipedia-1975

## Veille

Article encyclopédique (Wikipedia, anglais) sur la **loi de Goodhart** : énoncée par l'économiste britannique Charles Goodhart en 1975 à propos de la politique monétaire — « toute régularité statistique observée tend à s'effondrer dès qu'on exerce une pression sur elle à des fins de contrôle » — puis généralisée par l'anthropologue Marilyn Strathern (1997) en l'aphorisme canonique « quand une mesure devient une cible, elle cesse d'être une bonne mesure ». Le sujet relie économie, théorie des incitations, évaluation des politiques publiques et, par extension, l'optimisation des métriques dans les systèmes d'IA.

## Titre Article

Goodhart's law

## Date

1975-12

## URL

https://en.wikipedia.org/wiki/Goodhart%27s_law

## Keywords

loi de Goodhart, mesure devenue cible, régularité statistique, politique monétaire, incitations perverses, indicateurs corrompus, reward hacking, optimisation des métriques, loi de Campbell, critique de Lucas, effet cobra, sophisme de McNamara, redevabilité, évaluation, h-index, No Child Left Behind, objectifs de tests COVID, gaming des indicateurs

## Authors

Wikipedia contributors (concept : Charles Goodhart ; généralisation : Marilyn Strathern)

## Ton

Profil : article encyclopédique collaboratif (Wikipedia), perspective impersonnelle à la troisième personne, registre académique neutre et synthétique, niveau technique moyen accessible à un public éduqué non spécialiste, public cible étudiants, chercheurs, décideurs et toute personne cherchant une définition fiable et sourcée. Le ton est celui de la vulgarisation rigoureuse : définitions successives datées et attribuées, historique des formulations, distinctions conceptuelles avec des lois voisines (Campbell, Lucas), puis catalogue d'exemples sectoriels (santé, recherche, conservation, éducation, pandémie). L'autorité ne vient pas d'un auteur unique mais de l'apparat critique (citations sourcées, références bibliographiques, attribution des paternités). Style définitionnel et énumératif, sans métaphore ni rhétorique persuasive ; la valeur tient à la précision des attributions (qui a dit quoi, quand) et à la mise en relation des concepts apparentés. Aucune thèse défendue : l'article expose un consensus établi sur un principe largement reconnu en sciences sociales.

## Pense-betes

- **Énoncé original (Charles Goodhart, 1975)** : *« Any observed statistical regularity will tend to collapse once pressure is placed upon it for control purposes »* — formulé dans un article sur la gestion monétaire au Royaume-Uni. La régularité économique exploitée comme levier de pilotage cesse de tenir une fois qu'on s'en sert.
- **Reformulation canonique (Marilyn Strathern, 1997)** : *« When a measure becomes a target, it ceases to be a good measure »* — version généralisée et popularisée, issue d'un texte sur l'audit dans le système universitaire britannique. C'est la formule la plus citée aujourd'hui, souvent attribuée à tort à Goodhart lui-même.
- **Mécanisme central** : les acteurs rationnels optimisent *vers la mesure* plutôt que vers l'objectif réel qu'elle est censée capturer → le lien indicateur ↔ réalité se dégrade. La métrique perd sa valeur diagnostique en devenant objectif explicite.
- **Loi de Campbell (Donald T. Campbell, 1976/1979)** : variante centrée sur les indicateurs sociaux quantitatifs — plus un indicateur est utilisé pour la décision sociale, plus il est sujet à corruption et plus il distord les processus qu'il était censé suivre.
- **Critique de Lucas (Robert Lucas, 1976)** : parente en macroéconomie — on ne peut pas prédire les effets d'une politique à partir de relations historiques observées, car les agents adaptent leur comportement à la politique elle-même.
- **Concepts voisins** : **effet cobra** (une incitation récompense par inadvertance le comportement contre-productif), **sophisme de McNamara** (écarter ce qui ne se quantifie pas comme non pertinent).
- **Contributeurs intellectuels cités** : Jerome Ravetz (1971, manipulation des systèmes à objectifs complexes), Keith Hoskin (1996, rattachement aux cadres de redevabilité), Jon Danielsson (application à la modélisation du risque financier).
- **Exemples sectoriels** : santé (réduire la durée de séjour → sorties prématurées et réadmissions) ; recherche (le **h-index** perd de sa valeur en devenant cible) ; conservation (classifications d'extinction IUCN durcies après usage pour retirer des protections) ; éducation (**No Child Left Behind** → passages de classe sans maîtrise réelle) ; pandémie (objectifs de **tests COVID** au Royaume-Uni confondant capacité et utilité diagnostique).
- **Racine historique** : conséquence des pratiques de redevabilité modernistes nées dans la Grande-Bretagne du XIXᵉ siècle.
- **Pertinence IA (lien à faire)** : la loi de Goodhart est l'ancêtre conceptuel direct du **reward hacking** et de la critique des **gates de couverture** / métriques gamables « à la vitesse de la machine » — cf. la série ADLC de Chris Williams (le mutation testing préféré à la couverture en %, justement parce qu'elle est *Goodhart-able*).

## RésuméDe400mots

La loi de Goodhart est un adage des sciences sociales qui décrit comment une mesure perd sa fiabilité dès qu'on en fait un objectif de pilotage. Elle doit son nom à l'économiste britannique **Charles Goodhart**, qui en formula le noyau dans un **article de 1975** consacré à la politique monétaire au Royaume-Uni : *« toute régularité statistique observée tend à s'effondrer dès qu'on exerce une pression sur elle à des fins de contrôle »*. L'intuition naissait de l'analyse des difficultés de gestion monétaire britannique : les corrélations stables exploitées par les banques centrales comme leviers cessaient de tenir une fois instrumentalisées.

La formulation la plus répandue n'est cependant pas de Goodhart mais de l'anthropologue **Marilyn Strathern**, qui en proposa en **1997**, dans un texte sur la redevabilité dans le système universitaire, la version généralisée et mémorable : *« quand une mesure devient une cible, elle cesse d'être une bonne mesure »*. Cette reformulation met l'accent sur la perte de valeur diagnostique d'une métrique lorsque les individus optimisent vers la mesure elle-même plutôt que vers l'objectif sous-jacent qu'elle est censée représenter.

L'idée s'inscrit dans une constellation de principes apparentés. La **loi de Campbell** (Donald T. Campbell, 1976) s'attache à la corruption des indicateurs sociaux quantitatifs utilisés pour la décision. La **critique de Lucas** (1976) en propose l'équivalent macroéconomique : on ne peut prédire les effets d'une politique à partir de relations historiques, car les agents s'y adaptent. S'y ajoutent l'**effet cobra** (une incitation récompensant le comportement contre-productif) et le **sophisme de McNamara** (rejeter le qualitatif parce qu'il échappe au chiffre). Plusieurs auteurs ont enrichi le corpus : Jerome Ravetz (1971), Keith Hoskin (1996), ou Jon Danielsson pour la modélisation du risque financier.

Les illustrations couvrent de nombreux domaines : en santé, réduire la durée de séjour comme cible provoque sorties prématurées et réadmissions ; en recherche, le h-index s'érode comme mesure de réputation à mesure qu'il devient critère d'évaluation ; en conservation, les classifications d'extinction de l'IUCN se sont durcies après avoir servi à retirer des protections ; en éducation, le No Child Left Behind a encouragé des passages de classe sans maîtrise ; pendant la pandémie, les objectifs de tests COVID britanniques ont confondu capacité et utilité diagnostique. Le principe reflète in fine la manière dont des acteurs rationnels optimisent à l'intérieur des systèmes mesurés — héritage des pratiques de redevabilité nées au XIXᵉ siècle. Aujourd'hui, il éclaire directement le *reward hacking* et la fragilité des métriques d'optimisation dans les systèmes d'IA.

## GrapheDeConnaissance

- Charles Goodhart —a_créé→ loi de Goodhart (CONCEPT, 0.98)
- Charles Goodhart —affirme_que→ toute régularité statistique observée s'effondre dès qu'on exerce une pression sur elle à des fins de contrôle (CITATION, 0.97)
- loi de Goodhart —observé_dans→ politique monétaire du Royaume-Uni (CONCEPT, 0.92)
- Marilyn Strathern —affine→ loi de Goodhart (CONCEPT, 0.95)
- Marilyn Strathern —affirme_que→ quand une mesure devient une cible, elle cesse d'être une bonne mesure (CITATION, 0.96)
- loi de Goodhart —affirme_que→ un acteur rationnel optimise vers la mesure et dégrade le lien indicateur-réalité (AFFIRMATION, 0.9)
- loi de Campbell —converge_avec→ loi de Goodhart (CONCEPT, 0.88)
- critique de Lucas —converge_avec→ loi de Goodhart (CONCEPT, 0.85)
- Donald T. Campbell —a_créé→ loi de Campbell (CONCEPT, 0.9)
- Robert Lucas —a_créé→ critique de Lucas (CONCEPT, 0.9)
- effet cobra —est_instance_de→ incitation perverse (CONCEPT, 0.85)
- loi de Goodhart —s_applique_à→ h-index comme mesure de réputation scientifique (CONCEPT, 0.88)
- loi de Goodhart —s_applique_à→ objectifs de tests COVID au Royaume-Uni (CONCEPT, 0.87)
- No Child Left Behind —observé_dans→ passages de classe sans maîtrise réelle (CONCEPT, 0.84)
- Jon Danielsson —s_applique_à→ modélisation du risque financier (CONCEPT, 0.82)

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Canonical: https://www.thekb.eu/en/fiches/goodhart-law-mesure-cible-wikipedia-1975/
